L'Art de la Régénération - Séjour Régénération - Du 9 au 11 janvier 2026

UN News — No life without land, says campaigning athlete at UN desertification meeting

Asmaa Niang looks across an arid desert — COP16 Sport4Land

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Quand les Nations Unies prononcent ton nom

Il y a des moments dans une vie où le sol se dérobe — non pas pour nous faire tomber, mais pour nous rappeler à quel point il compte. Le 9 décembre 2024, lors de la COP16 à Riyad, consacrée à la lutte contre la désertification, UN News a publié un article qui portait ma voix. Ma voix de judoka. Ma voix de femme du désert. Ma voix de championne Sport4Land.

Le titre disait : « No life without land. » Pas de vie sans terre. Quatre mots qui résonnent en moi comme un kiai sur le tatami.

Le judo et la terre : un même combat

On pourrait croire que le judo et la désertification n’ont rien en commun. Pourtant, tout judoka sait que la première chose qu’on apprend, c’est à tomber. À rencontrer le sol. À se relever depuis lui. Le tatami nous enseigne une vérité que la terre nous murmure aussi : ce qui nous porte mérite notre respect.

Quand la CNULCD m’a choisie comme Sport4Land Champion, j’ai compris que mon parcours sportif n’était pas seulement une histoire de médailles. C’était une histoire d’enracinement. Six fois championne d’Afrique, deux Jeux Olympiques — et pourtant, ce qui me définit le plus profondément, c’est cette capacité à revenir au sol, encore et encore, avec plus de conscience à chaque fois.

Être citée par l’ONU : au-delà de la reconnaissance

Lire son nom dans un article des Nations Unies, c’est étrange. Ce n’est pas la fierté qui domine — c’est la responsabilité. Ce n’est plus seulement ma parole. C’est un relais. Un amplificateur. Soudain, ce que je porte depuis des années — cette conviction que le sport peut transformer notre rapport au vivant — trouve un écho dans les couloirs de la diplomatie internationale.

J’ai grandi entre la France et le Maroc. J’ai vu des terres fertiles devenir arides. J’ai vu des communautés rurales perdre leur ancrage. Et j’ai vu, sur les tatamis du monde entier, des athlètes puiser leur force dans quelque chose de plus grand qu’eux. Le sport n’est pas déconnecté de la terre. Il en est l’expression la plus viscérale.

La discipline comme outil de régénération

L’article d’UN News établit un parallèle que je porte dans chacune de mes interventions : la discipline du judo — cette rigueur quotidienne, cette acceptation de l’effort, cette humilité face à l’adversaire — est exactement ce dont nous avons besoin pour combattre la dégradation des terres. Pas des solutions spectaculaires. Des gestes répétés. De la constance. De l’ancrage.

Dans le kintsugi, on répare les fissures avec de l’or. Dans notre rapport à la terre, les fissures sont déjà là. Il ne tient qu’à nous de décider avec quoi nous les comblons.

Être reconnue à l’international pour ce combat, ce n’est pas un aboutissement. C’est un commencement. Un nouveau randori — ce combat libre où tout reste à écrire, où chaque prise est une opportunité de faire mieux.

Je continue. Pour la terre. Pour les filles du monde rural. Pour cette idée simple et radicale : pas de vie sans sol sous nos pieds.

Lire l’article original sur UN News →