Quand le sport rencontre la terre
Paris. 31 juillet 2024. La ville vibre des Jeux Olympiques — cette énergie particulière que seuls les JO savent créer, où le monde entier semble battre au même rythme. Et moi, ce jour-là, je ne suis pas sur un tatami. Je suis sur une scène, pour parler de désertification. Au cœur même de la fête olympique.
La Journée de la Désertification aux JO de Paris, portée par Sport4Land. Un moment improbable — et pourtant, terriblement nécessaire.
Le sport comme catalyseur
On associe rarement le sport de haut niveau aux enjeux environnementaux. Le sport, c’est la performance, le dépassement, les médailles. La désertification, c’est la terre qui meurt, les sols qui s’érodent, des communautés entières qui perdent leur ancrage. Deux mondes parallèles, en apparence.
Mais ce que Sport4Land propose — et ce que j’ai porté ce jour-là — c’est une évidence que peu de gens voient : le sport et la terre partagent le même langage. L’endurance, la résilience, l’adaptation, le respect des cycles. Un athlète sait ce que c’est que de se régénérer après l’effort. La terre, elle aussi, sait se régénérer — si on lui en laisse le temps.
Prendre la parole pendant les Jeux Olympiques de Paris pour dire cela, c’était symboliquement puissant. C’était dire : le sport n’est pas déconnecté du monde. Il est un levier. Il rassemble, il fédère, il donne de la visibilité à des causes qui en manquent cruellement.
Paris, la terre, et les racines
Il y avait quelque chose de profondément émouvant dans cette journée. Être à Paris, dans ma ville d’adoption, pendant les Jeux — ces mêmes Jeux auxquels j’ai participé à Rio et Tokyo — mais cette fois dans un rôle différent. Plus sur le tatami, mais à la tribune. Plus en tant qu’athlète, mais en tant que voix pour la terre.
Cette transition incarne tout ce que je crois : nos expériences passées ne disparaissent pas — elles se transforment en outils pour servir quelque chose de plus grand. Le judo m’a appris la chute et le relèvement. La terre m’apprend la patience et la régénération. Les deux dialoguent en permanence.
Le tatami et le sol partagent la même vérité : c’est en tombant qu’on apprend à se relever. C’est en s’appauvrissant qu’on découvre ce qui est essentiel.
Ce que cette journée a semé
Paris, 31 juillet 2024, restera pour moi le jour où deux fils de mon histoire se sont noués. Le sport et l’engagement pour la terre. L’olympisme et l’écologie. Le corps et le sol.
Cette journée m’a confirmé que le rôle de Sport4Land est crucial : utiliser la puissance fédératrice du sport pour sensibiliser, mobiliser, agir contre la désertification. Et que ma place dans ce mouvement n’est pas un hasard — c’est un prolongement naturel de tout ce que le judo, le tatami et les voyages m’ont enseigné.
La terre a besoin de champions. Pas ceux qui portent des médailles — mais ceux qui portent une voix.

