L'Art de la Régénération - Séjour Régénération - Du 9 au 11 janvier 2026

La Provence — Portrait Asma Niang — La Provence

Asma Niang — Portrait La Provence

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Quand un journal local te regarde vraiment

Avril 2024. Un journaliste de La Provence s’assoit en face de moi, carnet ouvert, stylo en main. Pas de caméra, pas de direct, pas de format calibré pour les réseaux. Juste un échange. Un vrai. Et à la fin, un portrait. Mon portrait, imprimé sur du papier journal, entre les nouvelles du marché et la météo du week-end.

J’ai trouvé ça infiniment beau.

La presse locale : un miroir différent

On vit dans un monde où la reconnaissance se mesure en followers, en vues, en partages. Et puis il y a ce moment où quelqu’un prend le temps de te rencontrer, de t’écouter, et de raconter ton histoire à ses voisins. Pas à des millions de personnes. À une communauté. La sienne.

La Provence, c’est un journal qui sent le café du matin et le mistral. Ses lecteurs ne me connaissent pas forcément. Ils ne suivent pas le judo international. Mais en lisant ce portrait, ils ont découvert autre chose qu’une athlète — une femme qui tombe, qui se relève, et qui essaie de donner du sens à chaque fissure.

Ce que le portrait a capté

Il y a quelque chose d’unique dans le regard de la presse régionale. Pas de sensationnalisme. Pas de raccourcis. Une curiosité authentique. Le journaliste m’a posé des questions que les grands médias ne posent jamais : sur mon quotidien, sur mes doutes, sur ce qui me fait tenir les jours où le corps dit non.

Et c’est précisément dans ces réponses-là que je me suis le plus reconnue. Pas dans le récit de mes médailles, mais dans l’aveu de mes matins difficiles. Pas dans l’olympienne, mais dans la femme derrière.

La reconnaissance qui compte le plus n’est pas toujours la plus visible. Parfois, c’est un article découpé par une grand-mère et glissé dans un tiroir.

La beauté de l’ancrage local

Je vis en France. J’ai grandi entre deux cultures, deux langues, deux rives de la Méditerranée. Et quand un journal français — pas parisien, pas national, mais local — choisit de faire mon portrait, c’est un acte d’ancrage. C’est dire : tu fais partie d’ici.

Dans la philosophie du kintsugi, on répare avec de l’or. Mais on répare aussi avec de la proximité. Avec de l’attention. Avec ce geste simple de poser un regard bienveillant sur quelqu’un et de dire : raconte-moi. Je crois que c’est ce que La Provence a fait ce jour-là. Et je leur en suis profondément reconnaissante.

Le sport m’a donné des podiums internationaux. Mais ce portrait dans un quotidien régional m’a rappelé une vérité essentielle : les racines les plus solides sont celles qui poussent près de chez soi.