L'Art de la Régénération - Séjour Régénération - Du 9 au 11 janvier 2026

France Bleu — Sport de haut niveau et depassement de soi — Sapienza

Asma Niang — Sport de haut niveau et dépassement de soi — France Bleu

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Le dépassement silencieux

Quand on prononce les mots « dépassement de soi », les images arrivent immédiatement : le podium, le cri de victoire, la sueur sous les projecteurs. C’est une version spectaculaire de la réalité. Mais ce n’est pas la mienne — ou du moins, ce n’est pas celle qui compte le plus.

Lors de mon passage dans l’émission Sapienza sur France Bleu, j’ai voulu parler de l’autre dépassement. Celui qui ne fait pas de bruit.

Le quotidien comme terrain d’excellence

Vingt ans de judo de haut niveau m’ont appris une chose que les caméras ne montrent jamais : la compétition ne dure que quelques minutes. L’entraînement dure des milliers d’heures. Et c’est dans ces heures-là que tout se joue.

Se lever à cinq heures du matin quand le corps dit non. Reprendre un geste pour la centième fois alors qu’on croyait le maîtriser. Rester présente dans la douleur d’une rééducation, jour après jour, sans garantie de retour. C’est là que réside le vrai dépassement — pas dans l’exploit ponctuel, mais dans la pratique quotidienne.

Le dépassement de soi n’est pas un sommet qu’on atteint. C’est un chemin qu’on emprunte chaque matin, dans le silence et la discipline.

La transcendance tranquille

Ce que le sport de haut niveau m’a révélé, c’est que la transcendance est rarement dramatique. Elle se cache dans des gestes minuscules. Dans la respiration qu’on choisit de ralentir avant un combat. Dans la décision de se relever une fois de plus. Dans l’acceptation que la perfection n’existe pas — et que c’est précisément cette imperfection qui rend la quête belle.

En tant que psychopraticienne et préparatrice mentale, je retrouve cette même vérité chez les personnes que j’accompagne. La transformation ne se produit pas dans les moments spectaculaires. Elle se produit dans la constance. Dans cette capacité à revenir, encore et encore, à ce qui compte vraiment.

Le sport comme philosophie du vivant

À France Bleu, j’ai parlé du sport non pas comme d’une activité, mais comme d’une philosophie. Une manière d’habiter son corps et sa vie avec intention. Le judo, en particulier, porte cette sagesse dans son nom même : jū-dō, la voie de la souplesse.

La souplesse, pas la force brute. L’adaptation, pas la résistance aveugle. Utiliser l’énergie de l’autre — et de la vie — plutôt que de s’y opposer. C’est une leçon qui dépasse largement le tatami.

Aujourd’hui, quand j’accompagne quelqu’un dans un moment de transition ou de difficulté, c’est cette philosophie que je transmets. Le dépassement de soi ne demande pas d’être extraordinaire. Il demande d’être pleinement présent à l’ordinaire — et de reconnaître que c’est là, dans le silence du quotidien, que se forge la véritable force.

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