L'Art de la Régénération - Séjour Régénération - Du 9 au 11 janvier 2026

France 3 Occitanie — A 12 ans, j’aurais aime lire ce livre — athlete olympique transforme ses blessures en force

Asmaa Niang, judokate, athlète olympique et préparatrice mentale — France 3

Partager
cet article

Share This Post :

Le livre que j’aurais voulu lire à douze ans

Il y a des phrases qu’on porte longtemps avant de les dire à voix haute. Celle-ci en fait partie : « À douze ans, j’aurais aimé lire ce livre. » Quand je l’ai prononcée face à la caméra de France 3 Occitanie, je ne récitais pas une accroche — je disais une vérité que je n’avais jamais formulée aussi simplement.

Écrire depuis la blessure

À bras le corps n’est pas un livre sur le judo. Pas vraiment. C’est un livre sur ce qui se passe quand une enfant de douze ans découvre que son corps peut être à la fois un lieu de souffrance et un lieu de puissance. Quand elle comprend que les fissures ne la condamnent pas — qu’elles sont, au contraire, les endroits exacts où la lumière peut entrer.

J’ai mis du temps à écrire ce texte. Non pas parce que les mots manquaient, mais parce qu’il fallait d’abord que je fasse la paix avec certaines vérités. Les blessures de l’enfance ne disparaissent pas sous les médailles. Elles se transforment — mais seulement si on accepte de les regarder.

Guérir à travers le temps

Ce qui m’a le plus touchée dans cette interview, c’est de réaliser que l’écriture permet un geste impossible dans la vie courante : tendre la main à travers le temps. En écrivant À bras le corps, je ne parlais pas seulement à mes lecteurs. Je parlais à la petite fille que j’ai été. Je lui disais ce que personne n’avait su lui dire à l’époque.

Tu n’es pas cassée. Tu es en train de te construire. Et un jour, ces fissures seront recouvertes d’or.

C’est la philosophie du kintsugi — cet art japonais qui répare la porcelaine brisée avec de l’or, rendant l’objet plus beau qu’avant sa fracture. Ce n’est pas une métaphore que j’ai choisie. C’est une métaphore qui m’a trouvée.

Transformer ses blessures en force — pour qui ?

On me dit souvent que mon parcours est « inspirant ». Le mot me gêne un peu, parce qu’il peut créer une distance. Je ne suis pas sur un piédestal. Je suis dans la tranchée, comme tout le monde. Ce qui change, c’est que j’ai décidé de ne plus creuser seule.

Quand France 3 a choisi de mettre en lumière cette démarche, j’ai vu dans leurs yeux la même chose que je vois chez les personnes que j’accompagne : la reconnaissance. Pas l’admiration — la reconnaissance. Ce moment où quelqu’un se dit : « Ah, elle aussi. Alors peut-être que moi aussi. »

C’est pour ce « moi aussi » que j’ai écrit. C’est pour cette petite fille de douze ans — la mienne, et toutes les autres — que je continue.

Si ce livre peut faire pour une seule personne ce qu’il a fait pour moi en l’écrivant, alors chaque mot en valait la peine.

Lire l’article original sur France 3 Occitanie →