Parler dans le désert — et être entendue
Février 2025, Dakhla. Le vent porte le sable, le sable porte les pas, et les pas portent les femmes qui se sont rassemblées pour la Sahraouiya. Mais avant de courir, il y a eu un moment suspendu : une conférence. Ma conférence. Et j’ai choisi de parler de trois mots qui, ensemble, dessinent la carte de tout ce que je crois : positivité, résilience, dépassement de soi.
Quand les mots deviennent des outils
On associe souvent les athlètes à l’action, au geste, à la performance physique. Rarement à la parole. Et pourtant, je suis convaincue que les mots sont des gestes. Prendre la parole devant des sportives, des bénévoles, des femmes du territoire — c’est un acte aussi engagé qu’un combat sur le tatami. Peut-être même plus.
Communes Maroc a couvert cet événement, et ce qui m’a touchée, c’est que l’article ne parle pas seulement de ce que j’ai dit. Il parle de ce qui s’est passé dans la salle. Cette énergie. Cette écoute. Ce silence attentif qui est la plus belle forme de respect.
La triade qui me guide
Positivité, résilience, dépassement de soi. Ce ne sont pas des concepts abstraits pour moi. Ce sont des cicatrices dorées.
La positivité, ce n’est pas nier la douleur. C’est choisir de regarder la fissure et d’y voir un espace pour l’or. En neurosciences, on sait que l’état d’esprit modifie littéralement la chimie du corps. Un regard positif n’est pas naïf — il est stratégique.
La résilience, je l’ai apprise en tombant. Sur le tatami, des milliers de fois. Aux Jeux Olympiques, quand le résultat n’est pas celui qu’on espérait. Dans la vie, quand le chemin se dérobe. La résilience n’est pas l’absence de chute — c’est la qualité du relevé.
Le dépassement de soi, enfin, c’est ce qui arrive quand on accepte que nos limites sont des invitations, pas des murs. Le désert est le meilleur professeur de dépassement que je connaisse : il ne te laisse pas tricher.
Parler dans le désert, c’est parler sans filet. Pas d’écho complaisant, pas de décor qui distrait. Juste ta voix, le vent, et des oreilles qui ont choisi d’être là.
La conférence comme acte de transmission
Ce que j’ai compris à Dakhla, c’est que ma mission ne se limite pas au tatami ni aux cabinets de coaching. Elle passe aussi par ces moments où l’on se tient debout devant un groupe et où l’on dit : voici ce que j’ai traversé, voici ce que j’en ai fait, et voici ce que vous pouvez en faire aussi.
La dimension conférence de mon travail est celle qui me régénère le plus. Parce que chaque fois que je donne, je reçois. Chaque question posée dans la salle me rappelle pourquoi je fais ce que je fais. Les mots sont des graines. Le désert, lui, sait faire pousser l’impossible.

