La deuxième carrière n’est pas une fin — c’est une éclosion
Il y a un mot que je n’utilise plus : « reconversion ». Il porte en lui l’idée qu’on efface une vie pour en commencer une autre. Comme si tout ce qu’on a été devait être rangé dans un tiroir pour faire de la place au nouveau. Mon expérience m’a enseigné l’inverse.
Quand Allyteams m’a référencée sur leur plateforme dédiée aux sportifs de haut niveau, j’ai vu une opportunité de dire à tous les athlètes en transition ce que j’aurais aimé entendre plus tôt : ce qui vient après n’est pas moins que ce qui était avant. C’est la suite naturelle d’une même histoire.
Ce que personne ne vous dit après les Jeux
Après Tokyo 2020, j’ai vécu ce que beaucoup d’athlètes connaissent sans oser le nommer : le vide. Non pas le vide de l’ennui, mais celui de l’identité. Quand votre vie entière a été structurée autour d’un objectif — la performance, la sélection, le podium — et que cet objectif disparaît, il ne reste pas « le reste de la vie ». Il reste une question vertigineuse : et maintenant ?
Le syndrome post-Jeux Olympiques est réel. Il touche des athlètes que le monde entier admire, et il les touche précisément au moment où tout le monde croit qu’ils devraient être heureux. C’est un silence particulièrement cruel.
La transition n’est pas le contraire de la performance. C’est sa forme la plus mature.
Construire sur ses fondations
Ce que le judo m’a donné ne s’est pas évaporé quand j’ai raccroché le judogi. La discipline est devenue rigueur professionnelle. La lecture de l’adversaire est devenue écoute thérapeutique. La gestion du stress compétitif est devenue expertise en préparation mentale. La résilience face aux blessures est devenue la philosophie même de Kintsugi People.
Aujourd’hui, je suis psychopraticienne, préparatrice mentale, conférencière et autrice. Quatre casquettes qui, vues de l’extérieur, semblent éloignées du tatami. Mais chacune d’entre elles est enracinée dans ce que le sport m’a transmis.
C’est cela que je veux montrer aux athlètes qui se trouvent à ce carrefour : vous ne repartez pas de zéro. Vous repartez de tout ce que vous êtes.
Un message aux athlètes en transition
Si vous lisez ceci et que vous êtes dans cet entre-deux — entre le dernier combat et le prochain chapitre — je veux que vous sachiez trois choses.
Premièrement, le deuil est normal. Pleurez ce qui se termine. Honorez-le. Ne faites pas semblant que « tout va bien ».
Deuxièmement, vos compétences d’athlète sont transférables. La discipline, la gestion de la pression, la capacité à se fixer des objectifs et à les poursuivre malgré la douleur — le monde a besoin de ces qualités. Pas seulement le monde du sport.
Troisièmement, demandez de l’aide. Ce n’est pas un signe de faiblesse. En judo, le premier geste qu’on apprend, c’est la chute. Le deuxième, c’est de tendre la main pour se relever. La vie après le sport fonctionne exactement de la même manière.
La fin d’une carrière sportive n’est pas une fin. C’est le moment où les racines, enfin libérées de la compétition, peuvent s’étendre dans des directions insoupçonnées 🌱

