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UN News — « Il n’y a pas de vie sans terre », affirme une athlète à la réunion de l’ONU sur la désertification

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« Il n’y a pas de vie sans terre »

Quand les Nations Unies ont publié cet article en français — ma langue de cœur, celle dans laquelle je pense avant de frapper — quelque chose a changé. Ce n’était plus seulement un discours prononcé dans une salle de conférence à Riyad. C’était une voix qui portait au-delà des murs.

La COP16 sur la désertification, décembre 2024. J’étais là en tant que Championne Sport4Land, cinq fois championne d’Afrique, olympienne à Rio et Tokyo. Mais ce jour-là, ce n’est pas la judokate qui parlait. C’est la femme qui a vu des terres fertiles devenir poussière.

Ce que le tatami m’a appris sur la terre

En judo, la première chose qu’on apprend, c’est tomber. Rencontrer le sol. Se relever. Cette relation au sol n’est pas métaphorique — elle est littérale. Le tatami est notre terre. Sans lui, pas de projection, pas de combat, pas de vie sportive.

« Le judo est un sport basé sur une philosophie de vie positive, une philosophie de résilience. »

C’est cette même résilience que j’ai vue chez les communautés nomades du Maroc, du Kenya, de Mongolie — des peuples dont le mode de vie ancestral s’effondre parce que la terre sous leurs pieds disparaît. Cent millions d’hectares de terres productives se dégradent chaque année. D’ici 2050, trois personnes sur quatre pourraient faire face à des pénuries d’eau.

Ces chiffres ne sont pas abstraits pour moi. Ils ont des visages.

Des gestes simples, répétés

On me demande souvent ce qu’un athlète peut faire face à une crise environnementale mondiale. Ma réponse est toujours la même : la même chose que sur le tatami. Des gestes simples, répétés avec constance.

« Si chacun fait de petits changements, modifie ses habitudes de consommation, élimine le plastique, nous pouvons traiter la terre avec plus de douceur et construire une plus grande résilience. »

Ce n’est pas spectaculaire. Ce n’est pas un ippon. Mais c’est exactement comme en judo : la victoire vient de la répétition, pas de l’éclat. Mille uchi-komi avant un seul mouvement parfait.

Porter la voix

La campagne Sport4Land des Nations Unies utilise l’influence des athlètes pour défendre les communautés affectées par la désertification. C’est un honneur d’en faire partie. Mais c’est surtout une responsabilité — celle de transformer la visibilité en action, la notoriété en service.

Comme le kintsugi répare les fissures avec de l’or, nous pouvons choisir comment nous réparons notre terre. Pas en cachant les dégâts. En les traversant avec intention.

Lire l’article original sur UN News