L'Art de la Régénération - Séjour Régénération - Du 9 au 11 janvier 2026

Sport4Land — COP16 Riyadh

Sport4Land — COP16 Riyadh — Lutte contre la désertification

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Championne pour la terre

Riyad, Arabie Saoudite. 2 décembre 2024. Le soleil du désert saoudien tape sur les vitres du centre de conférence. À l’intérieur, des délégations du monde entier. Et moi, debout face à elles, avec un nouveau titre qui ne tient à aucune catégorie de poids : Sport4Land Champion, nommée lors de la COP16 de la CNULCD.

Champion. Le mot résonne différemment quand il n’est plus attaché à un podium, mais à une cause. Il pèse plus. Il engage autrement.

La COP16 — là où le monde parle de terre

La COP16, c’est le sommet mondial de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification. Des milliers de décideurs, scientifiques, militants, réunis pour parler de ce que nous faisons — ou ne faisons pas — pour nos sols. Les chiffres sont vertigineux : 40 % des terres de la planète sont dégradées. Un milliard et demi de personnes directement affectées.

Dans ce contexte, Sport4Land porte un message singulier : le sport peut être un catalyseur. Les athlètes, par leur notoriété et leur capacité à mobiliser, peuvent devenir des ambassadeurs puissants de la cause terrestre. Et c’est dans ce cadre que j’ai été nommée championne du programme.

L’ironie n’a pas manqué de me frapper : recevoir ce titre dans un désert. Moi qui ai grandi entre le Maroc et la France, qui ai couru des dunes sahariennes avec la Sahraouiya, qui connais la brûlure du sable sur la peau. Le désert n’est pas un ennemi. C’est un professeur — il enseigne la mesure, l’humilité, et la valeur de chaque goutte.

Du judogi à l’engagement planétaire

Quand je regarde en arrière, la trajectoire semble improbable. Une judoka franco-marocaine, six fois championne d’Afrique, double olympienne, devenue psychopraticienne et coach en préparation mentale — et maintenant championne Sport4Land à la COP16. Aucun plan de carrière n’aurait dessiné ce chemin.

Et c’est précisément ce qui le rend vrai. Les parcours les plus authentiques sont rarement planifiés. Ils se construisent par accumulation d’engagements sincères, de rencontres décisives, de moments où l’on dit oui à quelque chose qui nous dépasse.

On ne choisit pas toujours ses combats. Parfois, ce sont eux qui nous choisissent — parce qu’ils reconnaissent en nous ce qu’il faut pour les mener.

Ce que Riyad a changé

Cette nomination n’est pas un aboutissement. C’est un engagement. Être Sport4Land Champion, c’est accepter de porter la voix de la terre dans chaque prise de parole, chaque atelier, chaque rencontre. C’est faire le lien entre ce que le sport m’a enseigné — la chute, le relèvement, la régénération — et ce dont la planète a besoin.

À Riyad, j’ai compris quelque chose de profond : le kintsugi ne s’applique pas seulement aux êtres humains. Il s’applique à la terre elle-même. Nos sols fissurés, appauvris, épuisés — ils peuvent être réparés. Avec de l’attention, du temps, et cette forme d’amour obstiné que les Japonais appellent l’art de sublimer les blessures.

Le désert de Riyad restera pour moi le lieu où deux mondes se sont définitivement rejoints : celui du tatami et celui de la terre. Et je suis prête pour ce combat-là — le plus long, le plus nécessaire, le plus beau. 🌍