L'Art de la Régénération - Séjour Régénération - Du 9 au 11 janvier 2026

France 24 — L’athlete olympique marocaine Asmaa Niang a releve le defi du Raid Sahraouiya

Asma Niang — Raid Sahraouiya — France 24

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Le désert, les femmes, et ce fil invisible qui nous relie

Il y a des défis qu’on relève avec les muscles. Et il y a ceux qu’on relève avec l’âme. Le Raid Sahraouiya, c’est les deux à la fois. Le 1er mars 2025, France 24 a couvert notre aventure — et en regardant les images, j’ai vu bien plus qu’une course dans le désert. J’ai vu des femmes debout, ensemble, dans l’immensité.

La Sahraouiya : bien plus qu’un raid

Pour ceux qui ne connaissent pas, la Sahraouiya est un raid solidaire 100 % féminin dans le désert marocain, du côté de Dakhla. On marche, on court, on pédale — mais surtout, on partage. Chaque binôme est composé d’une sportive et d’une femme issue du tissu associatif local. Le principe est simple et puissant : avancer ensemble, ou pas du tout.

J’ai relevé ce défi en tant qu’athlète olympique, oui. Mais le désert se moque des titres. Il ne demande pas ton palmarès. Il demande ta présence. Ta capacité à mettre un pied devant l’autre quand le sable brûle et que l’horizon ne semble jamais se rapprocher.

Ce que le désert m’a rappelé

Sur un tatami, l’adversaire est en face de toi. Dans le désert, l’adversaire est partout — et nulle part. C’est toi. C’est ta fatigue. C’est cette petite voix qui dit : arrête, c’est assez. Et c’est exactement là que la magie opère. Parce que tu n’es pas seule. Il y a cette femme à côté de toi, qui n’a peut-être jamais fait de sport de sa vie, et qui avance quand même. Et c’est elle qui te porte.

La solidarité, ce n’est pas un mot qu’on accroche sur une banderole. C’est un souffle partagé dans le vent du Sahara.

France 24 a capté quelque chose de vrai dans son reportage : la Sahraouiya n’est pas un exploit individuel. C’est une preuve collective. La preuve que quand des femmes décident de traverser le désert ensemble, elles ne traversent pas que du sable. Elles traversent des limites — les leurs, celles qu’on leur a imposées, celles qu’elles s’étaient fixées.

La force collective comme philosophie

En judo, on dit jita kyoei — prospérité mutuelle. C’est l’idée que ma progression dépend de la tienne. Que je ne peux pas m’élever si tu restes au sol. La Sahraouiya incarne ce principe dans chaque grain de sable.

Ce raid m’a confirmé ce que je savais déjà mais que j’avais besoin de vivre dans ma chair : la régénération n’est jamais un acte solitaire. On se répare ensemble. On avance ensemble. Et quand on tombe, c’est la main de l’autre qui nous relève — cette main tendue dans le désert, dorée par le soleil, comme une fissure comblée d’or.

Merci aux organisatrices. Merci aux femmes de Dakhla. Merci au désert, qui ne ment jamais.

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